Burlesque Babylone: le strip cabaret show
Que diriez-vous de venir suspendre votre esprit dans un jardin de volupté ? De vous asseoir sur les rives d’un fleuve de sensualité ? Je vous le promet le ricanement ne sera pas exclusivement nerveux… Laissez-vous guider par la moiteur de vos sens et laisser jaillir votre potentiel erotico-comique. The Laughter of Leen vous initie à l’exercice.
Bonjour les filles !
Mais pour cette tâche délicate je ne serai pas seule. Permettez-moi de vous présenter trois délicieuses coachs, expertes en la matière qui sauront désinhiber vos instincts les plus farouches pour les faire éclater d’un rire libertin.
Julie sera la maîtresse de maison si vous y consentez. Ne voyez pas dans son look cuiré et son regard malicieusement arrogant une volonté dominatrice. La demoiselle ne vous veux que du bien. Cette comédienne parisienne a depuis plusieurs années déjà délaissé le théâtre classique pour se consacrer à une nouvelle scène émergente en France: le cabaret burlesque. Strip-tease chic d’accord, nous permettons l’appellation, mais plus encore. En tous cas dans ses créations.
“Se déshabiller en public oui, mais il ne faudrait pas se limiter à des dimensions licencieuses ou thérapeutiques.”
Le discours est limpide. Et si son art à dépassé l’aspect luxurieux c’est que cette professionnelle a étudié le sujet au sein de la première troupe française de burlesque, les “Kisses Cause Troubles”. Corps et esprit synchrones, technique maîtrisée, inspiration abondante, il était temps pour Julie de proposer plus à son public. A lui de disposer…
L’idée s’est en tout cas infusée dans le milieu, au point de séduire deux épicuriennes aventureuses, Claire et Clémence. A elles trois, sous la direction de notre hôtesse, elles ont bâtit un moment léger, facétieux, cultivé et grivois…
Une façon unique de mettre tous nos sens en émoi…
Rires et soupirs
Et quand je dis tous les sens je ne mens pas. Cela commence dès l’entrée dans la salle; l‘atmosphère est fraîche, la pierre sur les murs refroidit agréablement cette pièce que l’on imagine déjà surchauffée par les comédiennes et les sueurs du public. Ce sont des clapotements d’eau et des gazouillis d’oiseaux qui accueillent nos oreilles. Comme pour détendre une faune que les créatrices devinent stressée… Autour de moi des hommes des femmes, de tout âges. Certains regardent imperturbablement le sol, d’autres s’épient. L’art excuse t-il réellement le fait de venir détailler des corps ? Je devine des frissons sur les bras de ma voisine; anxiété ? Excitation ?
Nos sens visuels ne seront pas en reste. Le travail de création lumineux est tout simplement lascif bien que seyant. Et effectivement, ces couleurs diffusées autour des corps réchauffent et font briller d’éclat les pupilles et les poussières de paillettes. N’oublions pas que le cabaret burlesque est aussi l’art du déguisement et de la féminité. Et c’est une fois les premières fesses dévoilées dans un voile de mouvements babyloniens, que le public commence à se détendre. Les impulsions de danses, les exclamations théâtrales, la maîtrise des gestes et les choix sonores semblent justifier sa présence. C’est de l’art…
© Xavier CurtatMais finalement même plus que cela. Si l’on porte attention, le texte est emplit de références culturelles et de jeux de mots. Les tableaux qui s’enchaînent narrent avec pertinence une histoire fabuleuse qui s’inspirent des drames sociétaux quotidiens. Les thèmes de la séduction bien évidemment, mais d’autres plus ambitieux comme celui de la gémellité siamoise, la séparation ou la domination. Portés par des ambiances musicales choisies avec une infime délicatesse, ils affirment la force de leurs états transposés dans des sensations de peur, d’envie, de rire…
Ceci ne devrait-il pas être qualifié de prodige ? Réussir à émoustiller et à dérider un public curieux mais sérieux ? Et pourtant le pari est réussi. On ne sait plus ce que l’on ressent: on rit, l’instant d’après on frissonne, les cœurs battent trop rapidement, les langues humectent un peu trop souvent les lèvres asséchées. Que dire de cette emprise nouvelle … sinon qu’il faut la vivre ?
Burlesque Babylone
Théâtre les Feux de la rampe, 2 rue Saulnier, 75009 Paris, Métro Cadet
Tous les dimanches à 21h
16,00€
Mots-clefs :Burlesque, Burlesque Babylone, Cabaret, Effeuillage, Feux de la Rampe










